Durant quelques années, Carl Trahan a travaillé à transposer la traduction dans les arts visuels. Il s’est intéressé au mouvement même de la traduction tel que décrit par Antoine Berman, soit un mouvement partant du même (le connu, le quotidien, le familier) pour aller vers l’étranger (l’inconnu, le merveilleux, l’Unheimliche). Le fait de ne jamais pouvoir obtenir un double parfait dans cette discipline l’a conduit à réfléchir sur l’image et sa reproduction et, par le fait même, sur la part de création qu’implique cette technique de transcodage.

Puisqu’il partage des similarités avec l’acte d’écrire, le dessin a été privilégié dans sa production récente pour représenter certaines notions liées à la traduction, mais il ne se limite pas à cette technique. En effet, le point de départ d’un nouveau projet consiste en un concept, il s’agit ensuite d’employer le médium le plus approprié pour le rendre visuellement. Il a ainsi, par le passé, utilisé l’objet, la photographie et l’installation.

À partir de 2011, il introduit un aspect historique dans son travail qui se veut dès lors une réflexion sur le passé sombre de l’Europe, plus particulièrement en rapport au national-socialisme et au fascisme — de même que sur leurs origines. En effet, son plus récent projet concerne la période comprise entre le début de la deuxième révolution industrielle et la Première Guerre mondiale.

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For a few years, Carl Trahan’s  work has dealt with language and interlanguage, tranposing ideas and concepts regarding translations into visual works of art. Of particular interest to him is what Antoine Berman calls L’expérience de l’étranger, especially in regard to the movement of translation. According to the writer, this movement originates from the same (the known, the everyday, the familiar) and goes towards the stranger, the other (the unknown, the fantastic, the Unheimliche). The impossibility of having a perfect double in translation is also a starting point from which he develops a reflection on the image and its reproduction.

Because of it’s similarities with the act of writing, drawing has been predominant in his production to represent notions related to translation. A concept is usually the starting point of a new project. The adequate medium is then chosen to transpose it visually. He has used object, installation, photography, etc. in the past).

Since 2011, an historical aspect is introduced in his work that, since then, proposes a reflexion on Europe’s somber past, more precisely in regard to National Socialism and fascism and their origins. His most recent project focuses on the period comprised between the beginning of the second industrial revolution and the First World War.

 

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