Durant quelques années, Carl Trahan a travaillé à transposer la traduction dans les arts visuels. Il s’est intéressé au mouvement même de la traduction tel que décrit par Antoine Berman, soit un mouvement partant du même (le connu, le quotidien, le familier) pour aller vers l’étranger (l’inconnu, le merveilleux, l’Unheimliche). Le fait de ne jamais pouvoir obtenir un double parfait dans cette discipline l’a conduit à réfléchir sur l’image et sa reproduction et, par le fait même, sur la part de création qu’implique cette technique de transcodage.

Puisqu’il partage des similarités avec l’acte d’écrire, le dessin a été privilégié dans sa production récente pour représenter certaines notions liées à la traduction, mais il ne se limite pas à cette technique. En effet, le point de départ d’un nouveau projet consiste en un concept, il s’agit ensuite d’employer le médium le plus approprié pour le rendre visuellement. Il a ainsi, par le passé, utilisé l’objet, la photographie et l’installation.

Dès 2011, il introduit un aspect historique dans son travail qui se veut dès lors une réflexion sur le passé sombre de l’Europe, plus particulièrement en rapport au national-socialisme et au fascisme — de même que sur leurs origines. En effet, son plus récent projet concerne la période comprise entre le début de la deuxième révolution industrielle et la Première Guerre mondiale. À partir de certains événements, d’œuvres littéraires et de textes historiques – ainsi que du travail d’auteurs contemporains qui les analysent – il aborde notamment la crise spirituelle liée aux avancées scientifiques et technologiques de la modernité, de même que ses répercussions dans la culture et la politique européenne qui ont mené aux grands conflits mondiaux.

L’artiste expose régulièrement en solo et en groupe depuis le milieu des années 1990. Il a participé à des expositions collectives à La Havane, à Berlin, à Rome, à Toronto et à Créteil (France). Il a plusieurs résidences d’artiste à son actif, entre autres à Berlin, à Paris, à Rome de même qu’à Espoo, en Finlande. En 2016, le Musée national des beaux-arts du Québec lui décernait son prix en art actuel; il lui consacrait sa première exposition muséale en 2017.          /

For a few years, Carl Trahan’s  work has dealt with language and interlanguage, tranposing ideas and concepts regarding translations into visual works of art. Of particular interest to him is what Antoine Berman calls L’expérience de l’étranger, especially in regard to the movement of translation. According to the writer, this movement originates from the same (the known, the everyday, the familiar) and goes towards the stranger, the other (the unknown, the fantastic, the Unheimliche). The impossibility of having a perfect double in translation is also a starting point from which he develops a reflection on the image and its reproduction.

Because of it’s similarities with the act of writing, drawing has been predominant in his production to represent notions related to translation. A concept is usually the starting point of a new project. The adequate medium is then chosen to transpose it visually. He has used object, installation, photography, etc. in the past).

Since 2011, an historical aspect is introduced in his work that, since then, proposes a reflexion on Europe’s somber past, more precisely in regard to National Socialism and fascism and their origins. His most recent project focuses on the period comprised between the beginning of the second industrial revolution and the First World War. He uses certain events, literary works and historical texts—as well as the work of contemporary authors who analyze them—as a starting point to focus notably on the spiritual crisis linked to the scientific and technological advances of modernity, as well as its repercussions on the culture and politics of Europe that led to the great world wars.

Since the mid-1990s, the artist has exhibited regularly in solo or group exhibitions. He has participated in group exhibitions in Havana, Berlin, Rome, Toronto and Créteil (France). He has also carried out several artist residencies in Berlin, Paris, Rome, among others, as well as at Espoo, in Finland. In 2016, the Musée national des beaux-arts du Québec awarded him its annual arts prize, and it also provided him the opportunity to present his first museum exhibition, in 2017. 

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